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Le diabète gestationnel ou diabète de grossesse

Le diabète gestationnel, appelé aussi "diabète de grossesse", survient chez la femme enceinte vers la fin du 2e trimestre. Il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d'un diabète antérieur. Quels sont les symptômes et les causes ? Quels risques pour la mère et le fœtus ? Comment se réalisent le dépistage et le diagnostic ? Quels sont les traitements ?

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ? Définition

Causes du diabète gestationnel

Comme pour le diabète, le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides, c’est à dire un trouble de la régulation du glucose (glycémie) entraînant un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie chronique.

 

Sous le terme de diabète gestationnel, on regroupe deux populations différentes :

   1. les femmes qui ont un diabète méconnu et que la grossesse va révéler
   2. les femmes qui développent un diabète uniquement à l’occasion de la grossesse, trouble qui disparaît le plus souvent après la grossesse.

 

Pour des questions liées à la grossesse chez la femme qui se sait diabétique, consultez la page Diabète et grossesse : le suivi de la la femme enceinte diabétique dans notre dossier spécial femmes

 

S’il y a un risque accru de diabète pendant la grossesse, c’est que la grossesse est par nature diabétogène car il existe physiologiquement pendant cette période un état d’insulinorésistance qui va s’aggraver progressivement avec le déroulement de la grossesse.

Dans tous les cas, le diabète gestationnel doit être surveillé et traité car il comporte un risque pour la mère comme pour l’enfant.

 

Selon la définition de l’OMS* : «le diabète gestationnel  est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.»

Symptômes

Comme pour le diabète, le diabète gestationnel peut passer inaperçu, être asymptomatique (sans symptômes) ou présenter des symptômes similaires : soif intense, mictions (urines) abondantes, fatigue importante...

Risques et complications du diabète gestationnel

Les risques pour la mère et pour l’enfant se situent essentiellement dans la période périnatale.

Risques pour l’enfant

Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus. Cette réserve calorique excédentaire est stockée dans les organes de l’enfant, résultat : poids et croissance sont excessifs. C’est pourquoi la complication la plus fréquente est la macrosomie : un poids à la naissance trop important (supérieur à 4kg) et qui peut entraîner un accouchement difficile ou compliqué. D’autres complications pour l’enfant sont possibles comme :

  • détresse respiratoire
  • hyperglycémie néonatale
  • risque de développer un diabète de type 2

Risques pour la mère

Pour les mères, la complication la plus grave est la survenue d’une prééclampsie pouvant associer :

  • prise de poids
  • œdèmes
  • hypertension artérielle
  • accouchement par césarienne
  • risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse
  • accouchement prématuré
  • toxémie gravidique (complications rénales)

Dépistage et diagnostic

Il n’y a pas de bénéfice médical à dépister toutes les femmes, mieux vaut se concentrer sur le dépistage des femmes à risque. Depuis 2010, en France, les recommandations ont évolué : diabètologues et gynécologues se sont mis d’accord sur les critères des personnes à risque et la méthode diagnostique à utiliser.

Femmes enceintes à risque

Les facteurs de risque du diabète gestationnel sont maintenant bien identifiés :

  • surpoids, obésité (IMC ≥ 25kg/m²)
  • femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux (apparentées au 1er degré de diabète de type 2)
  • âge (35 ans et plus)
  • macrosomie à la naissance d'un enfant précédent

Femme enceinte ne présentant pas de risque

Si la femme enceinte ne présente pas au moins un de ces facteurs de risque, on recherchera un diabète gestationnel seulement en cas d’hydramnios (quantité trop importante de liquide amniotique) ou de biométries fœtales (mesure de la dimension du fœtus) supéreures ou égale à 97e percentile.

Méthode diagnostique pour dépister le diabète gestationnel des femmes à risque

Pour celles qui présentent un de ces facteurs de risque, un premier test de glycémie à jeun au premier trimestre (idéalement avant la conception, dès l’intention d’avoir un enfant) est recommandé pour détecter un diabète de type 2 antérieur à la grossesse et passé inaperçu jusqu’ici. Puis, on réalise un second test appelé HGPO entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée (absence des règles).

La fin du test O’Sullivan
Auparavant on distinguait encore les femmes ayant une intolérance au sucre et celles ayant un diabète gestationnel. Aujourd’hui, le test dit de O’Sullivan a été supprimé. Dorénavant on utilise d’emblée le test d’HGPO (Hyperglycémie provoquée par voie orale) à 75g de glucose.

Une seule valeur de glycémie au delà des seuils définis (0,92g/L à jeun; ou 1,80g/L 1h après la charge orale en glucose; ou 1,53g/L 2h après) suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel. (La notion d’intolérance au sucre n’existe plus, il n’y a que “glycémie normale” ou diabète gestationnel.)

Le diabète gestationnel en France : chiffres clés
En France, le diabète gestationnel a tendance à augmenter et touche entre 2 et 6%* des femmes enceintes (*taux de prévalence). Avec la nouvelle méthode de dépistage (supra), la prévalence pourrait monter à 12-13%. Dans la majorité des cas, le diabète gestationnel disparaît après la grossesse mais il peut aussi installer un diabète de type 2 quelques années plus tard.

Traitements du diabète gestationnel

Les clefs d'un traitement réussi s'appuient sur un dispositif qui comprend :

  • la motivation de la patiente,
  • son autosurveillance glycémique,
  • des mesures hygièno-diététiques,
  • une équipe pluridisciplinaire de médecins qui suivent l’évolution de la patiente et de son diabète (médecin généraliste, gynécologue, nutrionniste, diabétologue...).

Autosurveillance glycémique et prise en charge diététique

La femme enceinte doit pratiquer l’autosurveillance glycémique. Objectif : garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0,92g/L à jeun. Ces résultats déterminent la prescription d’un traitement par insuline. Le premier traitement est la prise en charge diététique avec régime alimentaire adapté et contrôle du poids :

  • régime hypoglucidique (privilégier les aliments à faible index glycémique (qui font peu monter la glycémie))
  • repas fractionnés : répartition de la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations)
  • calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme
  • privilégier les fibres (elles ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale)

Activité physique

En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée dans le cas d’un diabète gestationnel temporaire ou d’une grossesse avec un diabète. L’AFD vous propose des conseils et des exemples d’activités physiques.

Traitement par insuline

L'insuline est réservée aux femmes pour qui les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour atteindre les objectifs et l’équilibre glycémiques. L'insuline est prescrite par injection car les antidiabétiques oraux sont le plus souvent contre-indiqués pour la femme enceinte. Les insulines appelées “analogues rapides” sont utilisées. Des insulines de type NPH (lentes) peuvent être utilisées si nécessaire.

Prévention des complications du diabète gestationnel

Les complications du diabète gestationnel sont-elles évitables ? La grande majorité des diabètes gestationnels ne vont pas se compliquer car ils vont très bien répondre à l’association de modifications nutritionnelles et d’une activité physique adaptée.

 

Sur la chaîne YouTube de l'AFD : la playlist dédiée au diabète gestationnel : une série de vidéos présentées par le Pr Altman, chef du service de diabétologie à l'Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP) à Paris. 

Voir aussi

Sur le web

Sources

  • Extrait de Equilibre Novembre-décembre 2010 – N° 278. Interview du docteur Jacques Pruvost, réalisée par Magali Théry-Véla, éducatrice sportive, formatrice en sport Santé, chargée de mission du programme Diabetaction pour la Fédération Française "EPPM Sports pour tous".
  • Notre partenaire : Association des mamans diabétiques
  • Dépistage et diagnostic : Impact Médecine N° 367- 16 juin 2011 article “Face au diabète gestationnel, dépister ciblé”

Notes et crédits photos

  • *OMS : Organisation Mondiale de la Santé
  • Crédits photo : Fotolia, © Jose Manuel Gelpi

 

 

Testez vos connaissances

La Fédération Française des Diabétiques est une association de patients diabétiques régie par la loi du 1er juillet 1901, fondée le 25 mars 1938, reconnue d’utilité publique le 3 décembre 1976. Membre fondateur du Collectif Interassociatif sur la Santé et de la Fédération Internationale du Diabète. Agrément national du Ministère de la Santé N° N2011RN0058